Citroën 2CV Sahara magazine a fond les manettes

Citroën 2CV Sahara : pourquoi ses deux moteurs la rendent unique

La Citroën 2CV Sahara possède deux moteurs bicylindres indépendants, un à l’avant et un à l’arrière, pour entraîner ses quatre roues. Conçue pour les pistes difficiles et produite à seulement 694 exemplaires, elle ne doit pas sa rareté à une simple série décorative : Citroën a profondément modifié la mécanique et la carrosserie de sa petite voiture populaire. Pour comprendre cette transformation, il faut partir de la conception de la Citroën 2CV, pensée pour avancer avec peu de puissance sur des routes souvent médiocres. La version Sahara reprend cette philosophie, mais pousse beaucoup plus loin la recherche de motricité.

Qu’est-ce que la Citroën 2CV Sahara et en quoi diffère-t-elle de la 2CV classique ?

La Citroën 2CV Sahara est une déclinaison à quatre roues motrices de la 2CV, présentée en 1958 et fabriquée en petite série à partir de décembre 1960. Alors qu’une 2CV ordinaire possède un seul moteur entraînant les roues avant, la Sahara reçoit un second moteur dans son coffre, chargé d’entraîner les roues arrière. Elle conserve une suspension très souple et une carrosserie à quatre portes, mais son architecture, ses commandes et ses possibilités de chargement changent considérablement.

Le résultat n’est pas une 2CV à laquelle on aurait simplement ajouté un dispositif de transmission. La Citroën 2CV Sahara réunit deux chaînes mécaniques presque autonomes. Chacune comprend un moteur, un embrayage et une boîte de vitesses. Cette particularité donne au modèle son intérêt historique et explique pourquoi ses pièces spécifiques sont aujourd’hui difficiles à remplacer.

Pourquoi Citroën a-t-il choisi deux moteurs pour traverser les terrains difficiles ?

La Citroën 2CV Sahara répond au besoin de véhicules légers capables de circuler sur des pistes sablonneuses ou accidentées, notamment dans le cadre des prospections pétrolières et minières. À la fin des années 1950, une voiture ordinaire pouvait manquer de motricité sur ces sols, tandis que les grands véhicules tout-terrain étaient plus lourds et coûteux à exploiter. Citroën cherche donc une autre solution à partir d’un modèle déjà économique et familier aux mécaniciens.

Les premiers prototypes apparaissent en 1958. Dans le bulletin historique Double Chevron, Citroën explique que les problèmes rencontrés en région désertique ont conduit à cette architecture : un moteur pour chaque essieu, afin de gravir des pentes sablonneuses de plus de 40 % dans les conditions annoncées par le constructeur. La présentation historique du Club Citroën France reprend les dates de présentation et de mise en production.

Pourquoi ne pas utiliser un seul moteur et un arbre de transmission ?

Le choix de la Citroën 2CV Sahara permettait d’exploiter deux ensembles de 425 cm³ issus de la famille mécanique Citroën, plutôt que de développer toute une transmission centrale pour répartir la puissance. La Citroën 2CV Sahara évite ainsi un arbre longitudinal entre les essieux, mais elle ajoute un second moteur, une seconde boîte, des commandes synchronisées et des contraintes de refroidissement à l’arrière.

La solution est donc ingénieuse sans être simple à entretenir. Le propriétaire doit tenir compte de deux ensembles mécaniques, d’une distribution particulière des masses et de pièces que la 2CV de série ne possède pas. C’est ce compromis entre capacité de franchissement et complexité qui fait tout l’intérêt du modèle.

Comment les deux moteurs de la 2CV Sahara travaillent-ils ensemble ?

Sur la Citroën 2CV Sahara, chaque bicylindre entraîne un essieu par sa propre boîte manuelle à quatre rapports. L’accélérateur commande les deux moteurs ; le levier de vitesses agit sur des tringleries associées aux deux boîtes. Les embrayages disposent d’une commande hydraulique. Deux clés permettent de démarrer indépendamment les moteurs, ce qui donne au poste de conduite une apparence inhabituelle pour une petite Citroën.

Le conducteur peut utiliser les deux groupes pour bénéficier des quatre roues motrices, ou n’en solliciter qu’un selon la configuration des commandes. Cette particularité pouvait également être utile si un moteur rencontrait un problème. Elle n’autorise toutefois pas à négliger l’état des transmissions : les réglages et l’entretien doivent être réalisés par une personne connaissant ce montage rare.

Bon à savoir : les deux moteurs ne forment pas un seul moteur de 850 cm³. Il s’agit bien de deux bicylindres de 425 cm³, alimentés et démarrés séparément. La cylindrée cumulée ne décrit donc pas le fonctionnement réel de chaque groupe mécanique.

Quelles caractéristiques distinguent cette 2CV Sahara à quatre roues motrices ?

La Citroën 2CV Sahara se reconnaît par sa mécanique, mais aussi par des aménagements imposés par la présence du moteur arrière. La roue de secours est déplacée sur le capot avant, le coffre est transformé et deux réservoirs de 15 litres prennent place sous les sièges avant, avec des remplissages latéraux.

ÉlémentParticularité de la Sahara
MotorisationDeux bicylindres à plat de 425 cm³
MotricitéUn groupe moteur-boîte pour chaque essieu
BoîtesDeux boîtes manuelles à quatre rapports
EmbrayagesCommande hydraulique
CarburantDeux réservoirs de 15 litres
PrésentationRoue de secours sur le capot, arrière spécifique
Production694 exemplaires

Les documents historiques ne sont pas parfaitement uniformes sur la puissance : un document Citroën d’époque indique 24 ch cumulés, tandis que d’autres fiches décrivent des évolutions à 26 ou 28 ch. Il faut donc rapprocher chaque chiffre de l’année, de la configuration et de la méthode de mesure, plutôt que d’attribuer une puissance unique à toutes les voitures.

Comment reconnaître une authentique Citroën 2CV Sahara ?

L’identification d’une Citroën 2CV Sahara ne peut pas se limiter à une roue de secours posée sur le capot. Une transformation esthétique est relativement facile à imiter ; l’ensemble bimoteur, les renforts et les commandes spécifiques sont beaucoup plus révélateurs. Il faut aussi contrôler la concordance des numéros d’identification, des documents et de la configuration annoncée.

Les points déterminants sont la présence du moteur et de la boîte arrière, les deux réservoirs et leurs accès, les éléments de carrosserie adaptés, ainsi que les dispositifs de commande propres au modèle. Certaines pièces comportent des références spécifiques dites « AW ». Le Citromuseum décrit sa 2CV 4×4 de 1962, numéro 429, avec des photographies et les particularités de son équipement.

Pourquoi le nom « 2CV 4×4 » apparaît-il sur certaines voitures ?

La Citroën 2CV Sahara a changé de désignation commerciale à partir de 1962 pour devenir la « 2CV 4×4 ». Ce changement n’a pas supprimé les deux moteurs. Il explique que des archives, des brochures et des véhicules authentiques portent des appellations différentes. Pour vérifier un exemplaire, mieux vaut donc partir de son numéro de série et de sa période que d’un badge ou d’une dénomination utilisée dans une annonce.

Combien de Citroën 2CV Sahara ont réellement été fabriquées ?

La production de la Citroën 2CV Sahara est généralement établie à 694 exemplaires entre décembre 1960 et 1966. Ce volume extrêmement limité doit être rapproché des millions de 2CV classiques produites pendant la carrière du modèle. La série ne s’est pas adressée au marché familial habituel, mais à des utilisateurs ayant besoin de capacités de franchissement particulières.

Le prix neuf représentait près du double de celui d’une 2CV ordinaire selon les périodes. L’installation d’un second groupe mécanique, les adaptations de carrosserie et une fabrication en petite quantité rendaient le véhicule coûteux. Sa faible diffusion ne résulte donc pas seulement de sa singularité technique : elle reflète un marché restreint et un coût d’achat difficile à justifier pour les trajets ordinaires.

Pourquoi la Citroën 2CV Sahara atteint-elle des prix élevés en collection ?

Le prix d’une Citroën 2CV Sahara dépend de sa rareté, mais également de sa conformité, de son état et de son historique. Avec un si petit nombre de voitures fabriquées, les exemplaires dont les deux groupes mécaniques sont complets et documentés attirent naturellement une attention particulière. La présence de pièces spécifiques d’origine peut compter davantage qu’une peinture récemment refaite.

Il faut distinguer trois notions : le prix demandé dans une annonce, l’estimation proposée avant une vente et le montant réellement payé. Une adjudication isolée ne constitue pas une cote universelle, surtout pour un modèle dont les transactions sont peu nombreuses. Pour la Citroën 2CV Sahara, le dossier de provenance, les interventions sur la structure et l’authenticité de l’ensemble bimoteur peuvent entraîner de grands écarts entre deux exemplaires.

Bon à savoir : une restauration coûteuse ne garantit pas une valeur équivalente à son montant. Sur une automobile rare, conserver les éléments d’origine et documenter les interventions peut être plus précieux que remplacer systématiquement tout ce qui porte des traces du temps.

Quels sont les défis de conservation d’une 2CV bimoteur ?

La Citroën 2CV Sahara demande une surveillance particulière de sa carrosserie et de ses composants mécaniques. Le second moteur occupe un espace normalement consacré aux bagages ; son installation implique des supports, des accès et des dispositifs de refroidissement spécifiques. Une réparation improvisée peut compromettre la conformité de l’ensemble ou rendre plus difficile une restauration future.

L’entretien concerne deux carburations, deux circuits d’allumage et deux transmissions. Il faut également surveiller la corrosion de la structure, les fixations et les circuits de carburant. Pour les interventions sur les freins, la structure ou les commandes de transmission, le recours à un professionnel habitué à ce modèle est recommandé.

Avant d’entreprendre la restauration d’une voiture ancienne, il convient de distinguer les travaux nécessaires à la sécurité de ceux destinés uniquement à améliorer l’apparence. Sur une Citroën 2CV Sahara, une pièce spécifique endommagée ou une transformation ancienne mal documentée mérite une expertise plutôt qu’un remplacement précipité.

Pourquoi cette 2CV occupe-t-elle une place à part dans l’histoire de Citroën ?

La Citroën 2CV Sahara montre jusqu’où un constructeur pouvait adapter une automobile populaire à un besoin très particulier. Deux moteurs et deux boîtes de vitesses paraissent aujourd’hui étonnants sur une petite voiture, mais cette architecture répondait aux difficultés des pistes désertiques et aux limites de motricité d’une traction avant.

Son intérêt dépasse donc la rareté ou le montant des ventes. La Citroën 2CV Sahara représente un chapitre original de l’histoire technique française : elle transforme la simplicité initiale de la 2CV en une solution tout-terrain atypique, sans perdre complètement les qualités de légèreté et de souplesse du modèle d’origine. C’est cette histoire mécanique, autant que son faible nombre d’exemplaires, qui justifie sa place parmi les Citroën de collection les plus remarquables.

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