Citroën DS 21 devant un café parisien magazine a fond les manettes

Citroën DS 21 : le moteur et les évolutions qui ont fait mûrir la DS

La Citroën DS 21 marque une étape décisive dans la carrière de la grande berline française : lancée en septembre 1965, elle reçoit un quatre-cylindres de 2 175 cm³ plus puissant et mieux adapté aux longues distances. En 1969, l’arrivée de l’injection électronique apporte une nouvelle évolution mécanique sans bouleverser la suspension hydropneumatique ni l’architecture à traction avant. Entre ces deux dates, les équipements et la présentation changent aussi. Comprendre ces étapes permet de distinguer les motorisations, de reconnaître les finitions et d’apprécier une voiture ancienne sans confondre des millésimes différents.

Qu’est-ce que la Citroën DS 21 et quelle place occupe-t-elle dans la gamme ?

La Citroën DS 21 est une évolution de la DS 19, dotée d’un moteur essence de 2 175 cm³ et commercialisée de septembre 1965 à 1972. Elle conserve le principe de la traction avant, la suspension hydropneumatique à hauteur variable et le freinage à assistance hydraulique, mais apporte davantage de réserve mécanique sur route. Son arrivée ne correspond donc ni à une nouvelle génération de DS ni à une simple finition plus luxueuse.

Pour situer ce modèle, il faut distinguer deux approches développées parallèlement par Citroën. La 2CV et ses solutions de conception privilégient la légèreté, l’économie et la facilité d’entretien ; la DS recherche le confort de grande routière, l’aérodynamisme et des équipements hydrauliques sophistiqués. La curieuse 2CV Sahara à deux moteurs montre d’ailleurs que le constructeur pouvait explorer des réponses mécaniques très différentes selon les usages. Sur la DS, l’évolution de la motorisation vise surtout à mieux exploiter un châssis déjà réputé pour son confort.

Pourquoi le moteur de 2 175 cm³ représente-t-il une avancée ?

La Citroën DS 21 inaugure en 1965 un quatre-cylindres en ligne de type DX dont le vilebrequin repose sur cinq paliers. Un palier est un appui qui guide la rotation du vilebrequin ; leur nombre et leur disposition participent à sa tenue mécanique. Le moteur développe initialement 109 ch selon l’ancienne mesure SAE, soit environ 100 ch DIN. Les deux chiffres ne doivent pas être confondus avec les 12 chevaux fiscaux inscrits dans les documents français de l’époque.

Avec sa cylindrée accrue, la voiture dispose de meilleures ressources pour dépasser ou maintenir une allure soutenue avec des passagers et des bagages. L’objectif n’est pas de transformer la DS en sportive : l’intérêt se ressent surtout dans l’agrément d’une berline conçue pour parcourir de longues distances. Le Club Citroën France rappelle les caractéristiques de lancement et la présence de la transmission homocinétique dans sa chronologie de la DS 21 de 1965.

Qu’est-ce qui change en 1968 ?

À l’automne 1968, la Citroën DS 21 à carburateur adopte le moteur DX2, annoncé à 115 ch SAE, soit 106 ch DIN. Cette évolution précède l’arrivée de l’injection. Il est donc faux d’associer automatiquement toute DS 21 de la fin des années 1960 à un système électronique d’alimentation. Une voiture de 1969 peut parfaitement posséder un carburateur, selon sa date et sa configuration.

Sur la Citroën DS 21, la distinction entre DX et DX2 est utile pour retrouver des pièces compatibles et interpréter les documents d’entretien. Elle évite aussi de comparer des performances issues de brochures de périodes différentes. La date de première immatriculation n’est pas toujours suffisante : un véhicule a pu rester en stock avant sa vente, ou recevoir ultérieurement un autre moteur.

Carburateur ou injection électronique : comment distinguer les DS 21 ?

À partir de septembre 1969, la Citroën DS 21 est proposée avec une injection électronique Bosch D-Jetronic. Le moteur conserve ses 2 175 cm³, mais la puissance atteint 125 ch DIN, également présentés à l’époque comme 139 ch SAE. Cette évolution apporte un supplément de performances et modifie les exigences d’entretien. La version à carburateur poursuit parallèlement sa carrière : les deux motorisations coexistent.

Sur la Citroën DS 21 à injection, le système D-Jetronic calcule la quantité de carburant à injecter notamment en fonction de la pression dans l’admission, grâce à un calculateur et à des capteurs. Le conducteur n’agit donc plus sur un carburateur qui prépare mécaniquement le mélange. L’injection exige toutefois un faisceau électrique sain, des connexions fiables, une alimentation en carburant correcte et des composants compatibles. Une panne ne se résout pas nécessairement par les mêmes méthodes que sur une DS à carburateur.

RepèreDS 21 à carburateur, début de carrièreDS 21 à carburateur, évolutionDS 21 Injection Électronique
Période1965 à 19681968 à 19721969 à 1972
MoteurDXDX2DX3
Cylindrée2 175 cm³2 175 cm³2 175 cm³
AlimentationCarburateurCarburateurBosch D-Jetronic
Puissance DIN100 ch106 ch125 ch

Bon à savoir : sur les documents d’époque, les chiffres de puissance SAE sont souvent supérieurs aux chiffres DIN. Pour une comparaison sérieuse, il faut utiliser la même norme et tenir compte du millésime. Une DS 21 Injection de 125 ch DIN ne doit pas être présentée comme une voiture de 139 ch DIN.

La suspension et les freins changent-ils avec la DS 21 ?

La Citroën DS 21 conserve la suspension hydropneumatique qui fait la réputation du modèle. Des sphères contenant du gaz, associées à un circuit hydraulique sous pression, assurent la fonction élastique et permettent de maintenir une hauteur de caisse appropriée. Ce dispositif donne à la voiture son confort particulier, mais il impose un entretien précis des éléments hydrauliques, des conduites et des joints.

Un changement significatif intervient pendant la carrière de la Citroën DS 21 : l‘adoption du liquide hydraulique minéral vert LHM à partir de l’automne 1966, sur les véhicules concernés. Les systèmes prévus pour les anciens liquides et ceux conçus pour le LHM ne doivent pas être mélangés. L’identification correcte de la période et du circuit est donc indispensable avant une intervention, notamment lorsqu’une voiture a été restaurée ou modifiée.

Sur la Citroën DS 21, le freinage assisté et les disques avant restent des éléments centraux de l’architecture DS. Le conducteur retrouve également, selon la configuration, la célèbre commande de boîte à sélection hydraulique, qui gère notamment l’embrayage. Mais toutes les DS 21 ne possèdent pas exactement la même transmission : il faut vérifier l’équipement de l’exemplaire plutôt que de déduire sa boîte à partir de son seul badge.

Comment la présentation de la DS 21 a-t-elle évolué ?

La Citroën DS 21 traverse plusieurs changements esthétiques majeurs. Les premiers modèles conservent l’avant à phares ronds apparents. En 1967, la DS reçoit une nouvelle face avant avec quatre projecteurs protégés sous des vitrages, dont des phares directionnels selon les versions et les équipements. Sur la Citroën DS 21, cette évolution modifie fortement son visage sans changer le nom du modèle.

Les Citroën DS 21 de la fin de carrière possèdent également une planche de bord redessinée, introduite pour l’année-modèle 1970, avec trois grands cadrans ronds. La forme des poignées de portes, certains détails intérieurs et les équipements évoluent encore ensuite. Ces éléments aident à situer une automobile dans sa période, mais leur présence isolée ne constitue pas une preuve d’authenticité : des pièces ont pu être remplacées au fil des décennies.

Pallas, Prestige ou cabriolet : s’agit-il de moteurs différents ?

La Citroën DS 21 existe sous plusieurs présentations et carrosseries.

  • Pallas désigne une finition plus soignée, associée à des matériaux et des équipements spécifiques
  • Prestige renvoie à une configuration destinée notamment au transport avec chauffeur ;
  • Des cabriolets ont également été proposés dans la famille DS.

Ces appellations ne remplacent pas l’identification de la motorisation : une finition Pallas ne prouve pas, par exemple, la présence d’une injection électronique.

Sur une Citroën DS 21, la cohérence entre la carrosserie, la sellerie, les éléments de décoration et les documents d’époque compte particulièrement sur une voiture restaurée. Un habitacle refait dans l’esprit Pallas ne transforme pas automatiquement une berline standard en exemplaire sorti d’usine avec cette finition.

Pourquoi la DS 21 ne doit-elle pas être confondue avec la DS 23 ?

La Citroën DS 21 cède la place à la DS 23 à l’automne 1972. Cette dernière adopte un moteur de 2 347 cm³, disponible lui aussi avec carburateur ou injection électronique selon la version. Il s’agit donc d’une évolution supplémentaire de la gamme, et non d’une autre appellation de la DS 21 Injection.

La fin de carrière de la Citroën DS 21 comprend également des changements de transmission. La boîte manuelle à cinq rapports apparaît en 1970, puis une boîte automatique Borg-Warner est proposée ultérieurement. Selon les années et les configurations, une DS 21 peut ainsi présenter des commandes et des sensations de conduite différentes. L’historique officiel de DS Automobiles consacré aux 70 ans de la DS situe ces évolutions dans la chronologie du modèle.

Comment identifier une DS 21 authentique aujourd’hui ?

Sur une Citroën DS 21, le premier contrôle consiste à rapprocher le type moteur, les numéros d’identification et les documents de la période annoncée. Le badge arrière ne suffit pas : un moteur DX2 ou DX3 a pu être remplacé, tout comme une calandre, un tableau de bord ou une sellerie. Les modifications ne sont pas forcément disqualifiantes, mais elles doivent être connues et correctement documentées.

Pour comprendre la configuration d’un exemplaire, il faut examiner plusieurs indices ensemble :

  • la date de fabrication et l’historique administratif, distincts de la seule date d’immatriculation ;
  • le type moteur, son alimentation et la cohérence avec les caractéristiques attendues ;
  • les éléments de face avant et de tableau de bord correspondant à la période ;
  • la nature de la boîte et les commandes hydrauliques présentes ;
  • la conformité de la finition et la traçabilité des éventuelles transformations.

L’état technique d’une Citroën DS 21 exige aussi de l’attention. Une suspension qui tarde à monter, des fuites hydrauliques ou une corrosion de structure peuvent rendre une voiture séduisante à première vue coûteuse à remettre en état. Les interventions sur le freinage, la direction et l’hydraulique sous pression doivent être confiées à un spécialiste compétent en cas de doute.

Pourquoi la DS 21 conserve-t-elle une place à part dans le patrimoine Citroën ?

La Citroën DS 21 représente une étape où les idées révolutionnaires de la DS des années 1950 sont enrichies par des motorisations plus puissantes et des équipements mieux accordés aux attentes des grandes routières. Le passage du moteur DX à cinq paliers au DX2, puis à l’injection DX3, permet de lire plusieurs années de progrès techniques à travers une même cylindrée.

Pour un collectionneur, cette diversité donne un intérêt particulier à l’identification précise de la voiture. Une DS 21 à phares apparents, une berline à nouvelle face avant et une Injection de fin de carrière ne racontent pas exactement le même moment de l’histoire du modèle. Leur valeur patrimoniale tient à cette cohérence entre mécanique, finition, carrosserie et documents, davantage qu’à un badge ou à une puissance isolée.

La Citroën DS 21 n’est ainsi ni une DS 19 rebaptisée ni une DS 23 inachevée. Elle occupe une période déterminante, celle où le concept initial a trouvé un nouvel équilibre entre confort, performances et sophistication technique.

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